En hiver, et surtout quand il pleut et qu’il fait froid, vous  arrive t-il de vous sentir plus rapidement fatigué, d’avoir le moral dans les chaussettes, de ressentir une baisse de motivation et de constater un gain de poids ?

On pourrait penser que c’est normal, que c’est la baisse de luminosité qui en est la principale coupable. Oui bien sûr, mais on oublie souvent que la thyroïde est très sensible au climat.

De nombreuses personnes souffrant d’hypothyroïdie ressentent davantage leurs symptômes  par temps froid :

  •  fatigue
  • constipation
  • perte de cheveux
  • sécheresse de la peau
  • problèmes de mémoire
  • gain de poids

Des recherches récentes ont prouvé qu’il existe des variations saisonnières dans la fonction thyroïdienne. De même pour les personnes sous hormone de substitution, ces variations auront également un impact sur l’efficacité du traitement.

Une étude a été menée en Israël à l’université de Ben Gurion sur 40.000 personnes souffrant d’hypothyroïdie par l’examen de 250.000 résultats de tests TSH. Les résultats ont été comparés aux résultats de 2.2 millions de tests TSH réalisés sur 900.000 personnes ayant une fonction thyroïdienne normale. L’étude a été menée sur plusieurs années entre janvier 2013 et mars 2017*.

Les résultats des tests mensuels durant la période ont montré que les taux de TSH étaient plus élevés durant les mois d’hiver (de nov à fév) par rapport aux mois d’été (de juin à sept), aussi bien chez les femmes que chez les hommes, qu’ils soient en hypothyroïdie ou non.

Cette étude a également montré que les femmes étaient plus sensibles à ces écarts pendant la période hivernale et que les hommes de plus de 65 ans étaient également davantage impactés que leurs homologues plus jeunes.

Les chercheurs ont également constatés qu’un pourcentage plus élevé de personnes traitées médicalement pour hypothyroïdie avaient également des niveaux de TSH supérieurs à leur mesure de référence tout au long de l’année malgré leur traitement. Ils ont constaté également que les taux de TSH des membres de l’étude qui étaient déjà en hypothyroïdie ont augmenté davantage en hiver que les taux des personnes ayant une fonction thyroïdienne normale.

Comment pouvons nous expliquer ce phénomène ?

  • L’homéostasie
    la thyroïde tente de maintenir l’homéostasie (l’équilibre) en terme de production d’hormones quels que soient les facteurs externes qui l’affectent. De même, le corps tente de maintenir une température interne de 37°C malgré la température extérieure. La thyroïde, sensible aux changements de température augmente ou diminue sa production d’hormones en réponse aux changements de température importants ou à une exposition chronique à des températures chaudes ou froides. Par conséquent, les recherches montrent que l’exposition prolongée à une climat froid peut abaisser le taux d’hormones thyroïdiennes et par effet de feedback augmenter la production de l’hormone TSH (produite par l’hypophyse). Inversement, l’exposition prolongée à un climat chaud augmentera le niveau d’hormones thyroïdienne avec diminution du taux de TSH.

 

  • L’alimentation
    Quand il fait froid, nous avons bien entendu tendance à vouloir mettre davantage de carburant dans notre machine humaine…à savoir nous ressentons le besoin de manger plus et notamment des hydrates de carbones (sucres, féculents) en plus grande quantité. L’erreur commise souvent est de réduire les bons gras pour ne pas grossir alors que notre organisme en a besoin.  La saison froide est également proche de la saison des fêtes avec toutes les tentations que cela comporte (repas festifs). Un sang plus épais… des hormones qui circulent plus difficilement, des émonctoires (reins, intestins, peau et poumons qui fonctionnent au ralenti ou sont tellement surchargés qu’ils ne peuvent plus assimiler correctement). Cela contribue à l’épuisement du système hormonal. Par exemple, le foie surchargé aura également plus de mal à transformer l’hormone thyroïdienne T4 en hormone active T3.

 

  • Le manque d’activité physique
    Les jours raccourcissent et il devient plus compliqué de trouver du temps et la motivation pour pratiquer une activité sportive.  C’est une période au cours de laquelle l’envie de rester sous la couette ou sur le canapé (d’autant plus si la fatigue est présente) est importante.

 

  • Un manque d’iode, de vitamines et nutriments essentiels
    L’iode ne peut pas se stocker et la thyroïde a besoin d’iode pour fonctionner. C’est au cours de l’été que notre organisme fait son stock de vitamines et nutriments essentiels au fonctionnement de la thyroïde et c’est cela qui lui permettra de tenir l’hiver. De plus, l’iode, les vitamines et nutriments contenus dans l’alimentation se feront plus rares en hiver. Le choix de fruits et légumes est plus réduit et leur qualité est dépendante de nombreux facteurs :  le mode de conservation, l’origine, le mode de production, la cuisson etc…

 

  • La vie moderne et le manque de sommeil réparateur
    Nous respectons de moins en moins la physiologie humaine. Nous ne respectons plus le rythme circadien. En bref, nos activités ne sont plus rythmées par le soleil et la nuit mais par les obligations et les distractions de la société actuelle. Nous ne nous rechargeons plus suffisamment. Notre quotidien est de plus en plus pollué par les perturbateurs endocriniens boostés par les ondes électromagnétiques (wifi etc…). A cela vous ajoutez le stress en général et vous obtenez un coktail complet de nuisances pour votre thyroïde.

Comment traverser cette période de manière optimale ?

Dans un premier temps, je dirais qu’il faut accepter de ne pas toujours être au top et de reconnaître qu’il y a des périodes faites davantage pour l’action que d’autres. Nous ne sommes pas des machines et notre corps a également besoin de faire des pauses… (Certes, ce n’est pas évident d’expliquer cela à son patron quand on est salarié 😉 et il nous faut répondre à de plus en plus de sollicitations quotidiennes).   Dans tous les cas, ne pas se sentir coupable sera déjà un stress en moins.

Les patients qui prennent un traitement de substitution pourront planifier à l’avance avec leur médecin la modification de leur dose de médicament en fonction des saisons. Ils pourront également suivre les recommandations de leur thérapeute pour palier les modifications saisonnières.

Il sera également nécessaire de se préparer pendant l’été et de prêter attention à notre hygiène de vie pour favoriser le travail de la thyroïde pour passer un hiver beaucoup plus serein.

Dans ce cas, il sera préférable d’être accompagné par un thérapeute qui pourra individualiser votre hygiène de vie en fonction de vos spécificités, de votre état de santé et de votre mode de vie. Il pourra également vous guider pour les compléments alimentaires et vous éviter certaines erreurs courantes néfastes à votre thyroïde. Le thérapeute ne devra pas étouffer les symptômes mais vous aider à retrouver une physiologie optimale pour permettre d’équilibrer votre organisme.

La thyroïde a besoin de quelques semaines pour s’adapter et se corriger. Il n’y a  pas de pilule miracle et même la médication chimique n’aura pas un résultat immédiat. Voilà pourquoi il est souvent nécessaire de se faire accompagner, voire coacher pour pouvoir mettre en place les mesures d’hygiène de vie.

De plus, des séances ponctuelles de thérapie électromagnétique  Equilios pourraient être une aide non négligeable pour vous soutenir dans vos efforts.

 

*sources

Arbelle, J.E. et al. “Circannual Variability of Thyroid Axis Function Based Upon TSH Results from Hypothyroid-Treated and Healthy Individuals Over Time.” Thyroid. October 2017, 27(S1): A-166-A-188. Hoermann, R. et. al. « Homeostatic Control of the Thyroid–Pituitary Axis: Perspectives for Diagnosis and Treatment. » Front Endocrinol. 2015; 6: 177.Maslov, LN, et. al. « Role of thyroid system in adaptation to cold. » Ross Fiziol Zh Im I M Sechenova. 2014 Jun;100(6):670-83.